Les œuvres de Djamel Kokene Dorléans donnent une consistance esthétique à notre subjectivité contemporaine en soumettant le spectateur à l’épreuve de la complexité. Ses projets constituent autant d’événements sensibles

et conceptuels qui nous arrachent au « peu de réalité » de nos croyances. L’expérience esthétique à laquelle il nous convie requiert un espace-temps où seuls comptent des voisinages improbables, des frontières indécises et des continuités temporelles réversibles. Une sculpture en plastique de Fourrier entourée de pommes côtoie deux matraques et des charentaises. Le bruit cristallin d’une fontaine tempère une

étrange Cérémonie du feu. Une vidéo fait entrevoir une main qui agite un drapeau noir. Et une série de cartes « imaginaires » semble répondre à une déclinaison colorée de masques.

Les propositions artistiques de Djamel Kokene Dorléans entremêlent habilement imaginaire et réel en déplaçant les lieux et les temps, les signes et les images. L’artiste opère ainsi une désorganisation systématique de notre perception et met à mal les redondances signifiantes auxquelles nous nous sommes attachées. A l’instar de cette armoire recouverte de papier d’aluminium dans laquelle une urne remplie des cendres d’une photographie sert à faire pousser du chanvre. Ses œuvres questionnent donc les tenants de notre perception tout autant que la sédimentation des significations culturelles qui recouvrent notre expérience du monde.

Il invite implicitement le spectateur à se questionner sur les notions d’espace et de temps fin de percevoir autrement la pluralité des mondes qui l’entoure, ainsi que l’altérité qui le constitue.