Après « Ma hauteur mange ma hauteur » aux teintes chlorophytollipques,, après les tableaux des « discrétions s’apparentent », on retrouve cette même végétation luxuriante, cadrages rapprochés, au ciel absent : toiles représentant des sous-bois, un ruisseau, un chemin de conte de fée, une grotte lumineuse : les couleurs acidulées, tirant vers le rouge, le rose, le fuchsia, le jaune ou le violet gagnent le paysage, toujours en côtoyant les verts irradiants d’une nature qui dispense son hémoglobine verte à travers ces touches de couleurs vibrionnantes qui bombillent, émettent et répandent une lumière vive.

La question qui semble se poser devant les toiles de Jean-Simon Raclot ne tourne-t-elle pas plutôt autour de celle du paysage en peinture, de la celle de la représentation de la nature et de ce que signifie peindre des paysages aujourd’hui ? Entre réalisme et hallucination. La question du support, de la technique qui a déjà tant dit, s’impose à nous, et est une nouvelle fois renouvelée.

Bien qu’acidulée, sa peinture n’est ni mièvre ou ni doucereuse : ces adjectifs seraient volontairement loin du compte : non, elle n’a pas le goût du sirop d’orgeat. Pas du tout.

L’activité picturale de Jean-Simon Raclot se double d’une activité d’écriture poétique : c’est assez rare pour ne pas le souligner. En effet, Jean-Simon Raclot est aussi littéralement poète, une plongée dans la transcendance, l’oubli de soi, un vertige apaisant…

Grand lecteur, c’est en poète qu’il est peintre.

Alexandra Majoral